Le cœur de la préparation : transformer l’entraînement en victoire
- RUN4U

- 9 mai 2025
- 3 min de lecture
On y est. Un mois avant l’objectif, c’est souvent la période la plus stratégique. Celle où l’on doit être à la fois rigoureux, attentif et intelligent dans sa pratique. Le gros du travail est fait, mais rien n’est encore joué. C’est maintenant que les choses se précisent.
Le volume est là, maintenant on affine
Tu sors de plusieurs semaines (voire mois) d’entraînement structuré. Le corps a assimilé une bonne base d’endurance, les jambes commencent à répondre, et ton moteur est bien rodé. Maintenant, il ne s’agit plus d’en rajouter, mais de rendre tout ça plus spécifique.
Concrètement, ça veut dire :
On réduit (progressivement) le volume global, mais on garde des séances de qualité, notamment à l’allure objectif.
Les sorties longues restent importantes, mais elles deviennent plus ciblées : on travaille le rythme, la gestion de l’effort, les ravitos.
On commence à tester ce qu’on fera le jour J : alimentation, tenue, équipement, stratégie.
C’est un peu comme un sculpteur qui affine les détails après avoir dégrossi son œuvre. Tu as le fond, maintenant tu ajustes la forme.
Ne pas chercher à rattraper le temps perdu
À ce stade, il y a souvent un peu de stress. Certains coureurs se disent : "j’ai loupé deux semaines", "j’ai pas fait assez de seuil", "je me sens un peu juste". Et là, le réflexe classique : vouloir en faire plus. Erreur.
En essayant de compenser, tu risques :
Une grosse fatigue accumulée.
Une blessure.
Une perte de confiance si les sensations ne suivent pas.
Ce que tu as construit tient déjà debout. Rater quelques séances, ce n’est jamais dramatique. Ce qui compte, c’est la cohérence de l’ensemble et la fraîcheur avec laquelle tu arriveras sur la ligne de départ. Parfois, lever le pied un jour ou deux est bien plus payant qu’un entraînement de plus.
Le mental se construit aussi à l’entraînement
À 4 semaines, tu peux commencer à te projeter dans la course. Ce n’est pas juste un exercice sympa, c’est un vrai outil de préparation mentale. Utilise les séances pour :
Te visualiser au départ, dans l’ambiance de course.
Imaginer les moments clés : un faux plat au km 28, un coup de mou au 35e, la dernière relance.
Te répéter tes phrases de motivation, ton plan d’allure, ta stratégie.
Et surtout, commence à te dire que tu es prêt. Même si le doute s’invite (il est normal à ce stade), rappelle-toi d’où tu pars, ce que tu as accompli. Le mental ne se décrète pas : il se travaille, comme le reste.
L’écoute du corps devient centrale
Le corps parle. Et en cette phase de prépa, il faut l’écouter avec attention. Un petit signe d’alerte, ce n’est pas juste un détail. Un tendon qui tire, un sommeil plus agité, une baisse de motivation ? Ce sont des signaux à prendre en compte.
Voici ce que je recommande à mes coureurs :
Si tu sens une gêne inhabituelle : adapte, aménage, mais ne force pas.
Priorise la récupération : sommeil, hydratation, alimentation, automassages.
Évite les nouveautés inutiles (chaussures toutes neuves, gros changements de planning).
L’objectif : arriver en forme et en bonne santé le jour J. Ce n’est pas le moment de jouer au héros. Le plus fort, c’est celui qui sait s’écouter et ajuster au bon moment.
Commence à t’approprier ton objectif
Il y a un vrai changement de posture à faire à ce moment-là. Pendant longtemps, tu as « préparé une course ». Maintenant, tu vas courir une course. C’est différent.
Ton objectif ne doit plus être une idée floue, mais quelque chose de concret :
Une allure claire à tenir.
Un chrono visé (ou une stratégie par tranches de 5 km si tu préfères).
Un déroulé mental que tu as répété.
Que tu vises un chrono ou que tu veuilles juste finir, tu dois te l’approprier. C’est ton défi, ton expérience. Ce que tu fais maintenant, c’est te mettre en condition pour y croire pleinement.
En résumé
À 4 semaines de l’objectif, la préparation change de nature. Ce n’est plus le moment d’en faire trop, mais d’en faire juste assez, et bien. On entre dans une phase où l’on transforme l’entraînement en confiance, en sensations, en certitudes.
C’est là que tu deviens prêt.




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